Le Goulag chinois

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Surveiller et punir en Chine
Laogaï et technosurveillance, de 1946 à nos jours
Jean-Philippe BéjaLe Goulag chinois

Jean-Philippe Béja nous décrit par le menu dans Surveiller et punir en Chine la mise en place du système concentrationnaire chinois. Celui-ci naît dès 1942 dans les zones sous domination du PCC (Parti communiste chinois) sous la férule de Mao Zedong.

Le système est d’abord interne et sert aux purges contre les « dissidents » au sein du PCC et d’ennemis souvent imaginaires. Le Laogaï proprement dit où camp de travail et d’éducation politique est mis en place en 1946, avant même la prise de pouvoir de Mao en 1949. Des dizaines, voire des centaines de milliers de Chinois y ont séjourné et furent soumis au travail forcé afin de réaliser certaines infrastructures par une main-d’œuvre gratuite.

L’auteur au fil des pages égraine toutes les campagnes successives de répression orchestrées par Mao, contre les paysans, les intellectuels, les « droitiers », les déviationnistes, les « contre-révolutionnaires » voire ses rivaux. Il décrit tous les outils d’un arsenal des plus basiques comme le livret de résidence qui assigne à un lieu, le dossier de travail, la délation généralisée, etc., qui visent à organiser un contrôle total et permanent de la population.

À la mort de Mao en 1976, il y a plusieurs millions de personnes dans les deux mille camps de prisonniers. 100 millions d’individus ont été persécutés pendant la Révolution culturelle. La répression reprend sous Deng Xiaoping. En 1989, place Tiananmen l’armée massacre plusieurs milliers d’étudiants et d’ouvriers, des milliers d’autres sont arrêtés et parfois exécutés.

À partir de 2010 s’organise une surveillance généralisée des militants ouvriers et des droits humains. Xi Jinping au pouvoir depuis 2012 instaure une surveillance électronique tous azimuts, c’est le « Grand bond en arrière » selon l’auteur et le retour du totalitarisme :

Internet est censuré et contrôlé, le big data et ces centaines de millions de caméras à reconnaissance faciale fichent les habitants dotés « d’un crédit social ».

Quant aux Ouïghours, ils sont rééduqués dans le cadre d’une prétendue formation professionnelle.

En Chine, le contrôle social est omniprésent depuis 75 ans, il a été encore renforcé par une techno surveillance qui complète à merveille la délation généralisée. Et dire qu’il y a encore quelques « idéalistes » qui n’ont pas encore lu Les habits neufs du président Mao de Simon Leys publié en 1971 et qui se réclament toujours du maoïsme et du marxisme-léninisme. On en pleurerait.

Béja J.-P., 2026, Surveiller et punir en Chine, Laogaï et technosurvellance, de 1946 à nos jours, Paris, La Découverte.

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