L’AIT, 1864-1880
Un livre incontournable pour tous les militant-e-s qui s’intéressent au grand projet révolutionnaire du 19e siècle que fut l’Association internationale des travailleurs.
Michel Cordillot nous livre dans son histoire de La première internationale en France une approche renouvelée de cette immense aventure ouvrière et de cette première tentative de lutte et de solidarité internationales.
Le livre, non seulement, brosse l’histoire de L’AIT, mais il en éclaire aussi ses prémices dès 1835 autour de Robert Owen ou de Flora Tristan qui en 1843 tenta de fonder « une Union ouvrière à vocation internationale » …
Il y est évoqué le rôle des militants français lors de sa fondation en 1864 à Londres.
Quant aux influences proudhoniennes qui étaient fortes dans une première période, elles furent vite relayées par d’autres courants et d’autres figures dont Marx, Bakounine, Guillaume, etc. L’auteur précise aussi ses lieux d’implantation ; plus ou moins connus comme Paris, Rouen, Marseille ou encore Reims, Le Creusot ou Cosne-sur-Loire…
Sont évoqués ses différents congrès, mais aussi les grandes grèves que l’Association soutient avec plus ou moins de succès, ainsi que les différents procès intentés contre elle et ses militants, dont Varlin.
Le rôle des internationaux dans les Communes est abordé à Lyon, à Brest, dans la capitale et ailleurs. Cordillot revient aussi sur le mythe d’une organisation riche et puissante que l’Internationale ne fut jamais, même si elle inspira une grande crainte à la bourgeoisie. De fait, comme il le souligne, son influence fut grande même si ses moyens humains et financiers demeurèrent restreints, c’est selon lui « le signe de sa grandeur ».
La fin de l’aventure, suite à l’exclusion des anti-autoritaires, voit une organisation qui peu à peu se délite malgré les tentatives de quelques-uns de la reconstituer, comme le feront les libertaires au congrès de Saint-Imier en 1872.
La seconde internationale, lors de sa création en 1889, les anarchistes n’y étant pas admis, approfondira encore le fossé entre partisans d’un socialisme autoritaire et centralisé et ceux d’un socialisme libre et « autogéré ». Au fil des chapitres, l’ouvrage s’enrichi de nombreuses biographies de militant-e-s, parfois peu connus, qui redonnent à l’AIT, et c’est essentiel, sa dimension humaine.
Au-delà du texte, l’ouvrage est émaillé de nombreuses illustrations, de documents d’époques ou de reproduction d’objet comme cette étonnante « médaille de l’AIT » jusqu’à aujourd’hui oubliée.
Cordillot Michel., 2025, La première internationale en France, 1864-1880, Paris, éd. De l’atelier.



























